Druidisme·Symbolisme animal

L’initiation du Corbeau | La nuit noire de l’âme

En ce temps de Samhain, je choisi de vous parler d’un oiseau charismatique : le Corbeau.

Nous allons parcourir ensemble quelques correspondances dans les mythologies, et je partagerais avec vous ce que le corbeau nous propose en termes de cheminement initiatique.

 

Le corbeau messager de l’ombre

Le corbeau est un symbole fort dans plusieurs traditions, comme le druidisme. Il est présent dans les mythologies celtes, en étant associé au dieu Lug, mais aussi au roi Arthur dans la tradition d’Avalon. L’esprit du roi continuerait d’ailleurs à hanter les mers celtiques sous l’apparence d’un grand corbeau noir.

On rencontre aussi Bobd, déesse irlandaise du combat, sous les traits d’une corneille. Le corbeau serait alors une métaphore du guerrier sur le champ de bataille.

Il est dépeint dans beaucoup de légendes comme un animal augural. Il est celui qui apporte les nouvelles, souvent mauvaises, avec sa couleur noire, associée aux ténèbres, au  néant, à la malédiction.

Dans de nombreuses histoires, il est le serviteur des forces obscures. Son nom dérive d’ailleurs du mot corvus, qui en latin signifie malédiction.
Le corbeau est la plupart du temps, considéré comme un oiseau apportant le malheur, la maladie ou même la mort.

Voilà pourquoi, au moment d’Halloween, le Samhain civil, il n’est pas rare de voir des représentations de corbeaux perchés sur un crâne humain, ou les barrières d’un cimetière.

 

Le corbeau et Samhain ou fête des morts.

Nous pouvons nous demander pourquoi le corbeau est-il associé d’aussi près aux choses qui nous font peur ? Pourquoi la mort, phénomène aussi naturel que la naissance, possède une connotation si négative ? Ne serait-il pas possible d’envisager les ténèbres sous un aspect tout aussi intéressant que la lumière ?

Cette symbolique négative n’est pas partagée par toutes les traditions.

Dans la mythologie nordique, par exemple, le corbeau est considéré comme un oiseau sacré car associé au dieu Odin. Celui-ci porte sur ses épaules deux corbeaux, Hugin et Munin (Pensée et Mémoire), comme les messagers des choses des hommes  et les gardiens de la prescience du dieu.

Le druidisme partage cette vision positive du corbeau, en le considérant comme un guide vers la partie la plus sombre de nous-même.

De même que les traditions païennes célébrant Samhain.

Le corbeau est un oiseau profondément magique, il est très souvent représenté comme un familier de la sorcière. Il transmet de la magie car il transforme, il nous aide à abandonner ce qui n’est plus. Il porte le deuil avec sa robe de plumes noire, car il annonce la mort.

Il nous invite à remettre à  la terre ce qui vient de la terre. Car en abandonnant ce qui est mort, nous préparons notre renaissance.

Nous pouvons donc considérer le corbeau comme un animal plein de vie ! Il nous aide à enterrer ce qui n’est plus, il nous pousse à exorciser nos peurs et à ne plus être comme « mort-vivant ».

Lorsque le corbeau nous apparaît, c’est pour nous aider à nous séparer de l’ancien et faire place au renouveau.

Toute mort est signe de renaissance. C’est le message du corbeau. C’est aussi le thème de Samhain. Fête des morts, et début de l’année païenne. Renouveau dont le premier pas s’effectue dans les ténèbres, dans le néant, où tout est à reconstruire.

 

Le corbeau dans le druidisme | relier psychologie et spiritualité.

Nous allons tenter de comprendre, à travers l’enseignement du druidisme, comment le corbeau nous aide à évoluer en étant relié à nos peurs profondes.

Le corbeau est présent dans l’enseignement druidique sous les traits d’Affagdu, le Grand Corbeau, fils mal aimé de la déesse Cerridwen. Il représente la partie sombre de l’âme humaine, le Moi blessé.

Cette notion du Moi blessé est développée en psychologie et fait figure de pilier dans le travail d’évolution de soi. Ainsi, il est possible d’établir un pont entre notre vision moderne de la psychologie et la spiritualité de nos ancêtres.

Affagddu est le frère de Creirwy, la fille jolie, aimée, chérie de Cerridwen. Elle est la lumineuse, le rayonnement de la déesse.
Au contraire, Affagdu est laid, rejeté, indigne et n’est pas à la hauteur de l’amour de la déesse. Il est le côté sombre, l’ombre que l’on craint et que l’on souhaite garder cachée.

Le corbeau nous parle de cette noirceur. Il nous invite à explorer notre ombre, cette part de nous-même qui a besoin de soin pour être guérie et permettre notre transformation.

L’ombre, est à l’image de l’indigne Affagdu, rejetée. Nous ne souhaitons pas voir ce qui s’y trouve. Parce que nous en avons peur, parce que les parties les moins explorées de nous-même mettent à jour nos blessures, nos douleurs. Le corbeau révèle notre Moi blessé, ce que nous avons mis tant de soin à refouler dans notre inconscient.

La diabolisation du corbeau traduit donc notre peur de ce qu’il représente, à savoir, ce que nous ne voulons pas voir, ce qui nous fait souffrir.

Et si les parties de moi-même qui me posent problème, détenaient en fait les clés de ma transformation ?

Le corbeau, de par son nom « corps-beau » nous enseigne que pour accéder à  la beauté de notre être, il est nécessaire de voir au-delà des apparences, de traverser l’ombre avec le cœur ouvert.

« Les ténèbres nourrissent la splendeur » (proverbe druidique).

 

L’initiation du corbeau est celle de l’acceptation de toutes les parties de nous-même. Y compris celle du Moi-Blessé. Il nous guide pour franchir le seuil de notre être, dans son entier. Il nous aide à nous libérer de la peur de la mort, et à l’accepter comme un processus naturel et positif.

Des périodes de deuil reviennent à différentes étapes de nos vies. Deuil d’une vie qui change, deuil d’un lieu, du lien que l’on entretenait avec un proche. Ces moments peuvent nous plonger dans des états de déprime, ou même s’approcher parfois de la dépression. Ce sont des passages très inconfortables, mais nécessaires.

On appelle ces passages, la nuit noire de l’âme.

Le corbeau nous guide à travers cette nuit. Il nous accompagne sur le chemin de la transformation.

 

Pour aller plus loin :

Si vous souhaitez approfondir la question de l’ombre, je vous conseille de lire Jean Monbourquette, « Apprivoiser son ombre » qui décrypte pour nous les facettes sombres de notre être et nous donne des pistes pour apprendre à les aimer.

Si vous avez un deuil à travailler, son ouvrage « Aimer, perdre, grandir » vous donnera des clés de compréhension pour dépasser un deuil de vie.

 

Avec vous près de l’If de Samhain,

Mairen.

Une réflexion au sujet de « L’initiation du Corbeau | La nuit noire de l’âme »

  1. Je me permets de réécrire mon commentaire Facebook au sujet de votre article, sur votre site. Si mon commentaire nourrit votre site, tant mieux 🙂

    « Oui, c’est un passeur d’âmes. Belle analyse, sur l’ego (la vitrine de nous-même) et l’ombre (la partie refoulée de nous-même). Votre animal tutélaire ? »

    C’est un plaisir de se balader en ces lieux ! 🙂

    Ewen

    J'aime

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